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Atelier O. Jespers, Woluwe

Le 29 février dernier, nous sommes allés visiter l’atelier Jespers lors du cours d’histoire de l’art en rhéto. Il s’agit de la maison d’Octave Jespers (1887-1970), célèbre sculpteur belge qui chargea l’architecte moderniste Victor Bourgeois de sa construction. Par chance, nous avons pu accéder à l’intérieur de la maison qui n’est normalement accessible au grand public que deux fois par an lors de la « Biennale art nouveau & art décor ». Une guide d’Arkadia (asbl) nous a fait découvrir cet espace.

Visite de l'atelier Jespers 20160229_151059-2 20160229_152934 20160229_152943 20160229_152949

Erigée en 1928 avenue du Prince Héritier à Woluwe-Saint-Lambert, cette maison incroyablement moderne fit tache à son époque.

Il faut dire que si aujourd’hui ces grands blocs gris futuristes sont plus courants, ils étaient uniques en leur genre il y a cent ans ! La maison est constituée de trois étages, reliés par un escalier à colimaçon. Le sculpteur l’a désirée avant tout comme un espace dans lequel il pourrait tailler et transporter ses énormes pierres de 2m de haut, ce qui explique les espaces à très hauts plafonds. Le style un peu décalé de la maison en a d’ailleurs surpris plus d’un.

La bâtisse fut habitée par Jespers lui-même jusqu’à sa mort en 1970; puis aménagée comme atelier de photographie (raison pour laquelle le bâtiment connut quelques regrettables transformations) et ensuite passée entre les mains de l’ambassadeur du Pérou. Après les explications passionnantes de la guide, nous eûmes l’occasion de rencontrer l’actuel propriétaire des lieux, un marchand d’art et gérant de société qui respecte et est attentif à l’esprit initial de l’oeuvre géante imaginée par V. Bourgeois. Nous apprenons ainsi que le modernisme n’est pas seulement un courant artistique, mais également une manière de penser qui se veut simple et épurée. L’on retrouve bien ces idées dans cette maison de type industriel aux volumes cubiques blancs. L’intérieur est très peu meublé, en accord avec son âme moderniste, ce qui permet au propriétaire d’y faire des expositions d’oeuvres d’art et d’y changer constamment des objets de place. Notons tout de même qu’à l’instar de nombreux architectes, Victor Bourgeois n’aime pas l’architecture qui ne se fond pas dans la masse et qui ne respecte pas le contexte dans lequel elle est implantée. Ainsi la façade de l’habitation est à la même hauteur que toutes les maisons environnantes. Sa forme en angle arrondi, par contre, (qui ressemble fort à un paquebot), ses nombreuses petites fenêtres carrées aux châssis industriels et son toit plat rappellent pourtant qu’elle se rattache à un courant bien précis qui n’a pas pris une ride.  [Pauline Bienfait et Aurélie de Vuyst, 6A]

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