Photographie prise par Robert Doisneau.
Photographie prise par Robert Doisneau.

Il savait que ca ne pouvait plus durer bien longtemps.  Le sergent allait l’appeler.Le mur commençait à lui irriter légèrement le dos. Sa position n’était pas la plus comfortable, mais l’énergie de se relever l’avait quitté. Au loin, il pouvait apercevoir deux silhouettes, qui semblaient discuter. C’étaient plutôt des silhouettes féminines, peut être des infirmières? En plissant les yeux, il arrivait a mieux les distinguer. Au fond, il s’en fichait que ce soit des femmes ou pas. Plus rien ne lui importait. Les balles contre sa poitrine l’empêchaient de former une pensée normale. Même s’il essayait de ne pas y penser, il savait que ce répit ne durerait pas éternellement. Bientôt, il devrait se relever, et replonger dans le monde de la guerre.Combien de balles avait il déjà tiré? Il ne savait plus. Il ne voulait pas savoir. Le mur qui l’abritait semblait sur le point de s’écrouler, aussi n’osait il pas s’appuyer de tout son poids. Des murs qui s’écroulaient, il en avait vu assez comme ca. Peut être que s’il fermait les yeux, il s’endormirait contre le mur pour toujours. De toute façon, il n’avait meme plus son casque.A quoi bon continuer a s’entretuer? Les sourcils froncés, il parcourait les environs a la recherche d’un de ses compagnons. Les silhouettes avaient disparues. Peu importe. Palpant sa cuisse, il remarqua que son revolver n’était pas non plus a sa place.C’était sans doute un signe du destin, il allait mourir bientôt. La mort lui apparaissait a présent comme une libération. Peut être que Paris serait bientôt libéré aussi.

Publicités