Voici Dorothy. Elle se recoiffe dans le reflet d’un miroir sale. Les souterrains à New York sont sales. Sales à cause de la pollution, à cause de la racaille qui laisse sa trace partout où elle va.

On est en hiver, le froid est omnipresent dans ces endroits, il faut essayer de l’oublier.

Dorothy se recoiffe pour avoir l’air quelque peu civilisée et acceptable, peut-être même belle. Car, avoir l’apparence repoussante ne rapporte pas autant de pièces qu’avoir l’air quelque peu digne.

Elle avait de la dignité avant, Dorothy. Elle était belle et respectée. On la regardait et on l’écoutait. Mais aujourd’hui ont la fuit du regard et on l’ignore.

Du jour au lendemain elle l’a perdu ce respect. Son entreprise a fermé et sa dignité a disparu avec. C’est la crise qui lui a tout pris. Elle s’est emparée de sa vie, a pris tout ces acquis, toutes ses fiertés et l’a laissée sur le bord d’un trottoir, la main tendue vers les passants. Mendiant pour pouvoir acheter de la nourriture.

Elle sait ce qui l’attend. Elle sait que le moment viendra ou elle utilisera sa petite fortune journalière pour acheter, non de la nourriture pour survivre, mais des substances pour oublier. A se moment là elle ne retrouvera aucunement sa dignité, mais elle pourra plonger dans l’oubli. Le moment où elle oubliera son passé, elle perdra le fil du présent, et ne sentira plus le futur arriver. Le moment où elle oubliera le froid.

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